Histoire du Temple

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Concile de Troyes - Toile de Granet

En terre de Judée

1118 !

  • Déjà 20 années que les Croisés ont repris Jérusalem et les Lieux Saints tombés aux mains des musulmans 400 ans auparavant.
  • Ravivée, la Foi entraîne une multitude de chrétiens sur des chemins infestés de brigands et de voleurs ; les proies sont faciles.
    Hugues de Payns - Galeries des Croisades à Versailles
  • Hugues de Payns, noble chevalier champenois, accompagné de son ami Geoffroy de Saint-Omer et de quelques chevaliers, forment le dessein de rester en Terre Sainte pour la défense de ces humbles voyageurs.
  • Devant Baudoin II, Patriarche de Jérusalem, Hugues et ses huit compagnons prononcent ensemble le même vœu.
    Baudouin II donne une partie de son palais à Hugues de Payns
  • Cette bienveillance et ce dévouement touchent le Roi qui installe les Pauvres Chevaliers du Christ sur les lieux mêmes de l’ancien Temple de Salomon.
  • N’ont-ils pas fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance ?
  • Ces moines-soldats, guidés par la Règle de Saint-Benoit, savent concilier la dure vie militaire et la vie religieuse.

1126
Denier - Comté de Troyes - Hugues (1089-1125)

  • Hugues de Champagne rejoint les Pauvres Chevaliers après avoir donné au futur Saint Bernard ses terres sur lesquelles sera élevée l’abbaye de CLAIRVAUX.
    Concile de Troyes

Le concile de Troyes

1129

Saint Bernard - Galeries des Croisades à Versailles

  • En ce jour de la Saint-Hilaire, la cathédrale de Troyes accueille une assemblée de notables présidée par le légat du Pape, Matthieu d’Albano. Des Evêques, Abbés, les Archevêques de Sens et Reims, Etienne Harding, Thibaud de Champagne et Bernard de Clairvaux sont là.
  • Le Concile confirme la Règle complétée par Bernard de Clairvaux, accorde le droit de posséder et régir terres et vassaux, de percevoir des dîmes octroyées en aumônes.
  • Le manteau blanc est attribué à ces chevaliers : l’ordre du Temple est né...

    "Une nouvelle Chevalerie est apparue dans la Terre de l’Incarnation. Elle est neuve, dis-je, et pas encore éprouvée dans le monde où elle mène un double combat tantôt contre les adversaires de chair et de sang, tantôt contre l’esprit du mal dans les cieux...
    Ce Chevalier du Christ est un croisé permanent, engagé dans un double combat : contre la chair et le sang, contre les puissances spirituelles dans les cieux.
    Il s’avance sans peur, ce Chevalier en garde à droite et à gauche. Il a revêtu sa poitrine de la cotte de mailles, son âme de l’armure de la Foi. Muni de ces deux défenses, il ne craint ni homme, ni démon."

    Bernard de Clairvaux

    Le chevalier du Temple

1130

  • Mort de Hugues de Champagne en Terre Sainte.

La Règle

"Nous parlons premièrement à tous ceux qui méprisent à suivre leurs propres volontés et désirent avec pur courage servir de chevalerie au souverain Roi, et avec un soin studieux désirent endosser et endossent la très noble armure d’obédience... Et donc nous vous admonestons, vous qui avez mené jusqu’ici séculière chevalerie, en laquelle Jésus-Christ n’en fut mie cause, mais que vous embrassâtes seulement par humaine faveur, pour que vous suiviez ceux que Dieu a élus de la masse de perdition et chargés par son agréable pitié de la défense de Sainte-Eglise, et que vous vous hâtiez de vous joindre à eux perpétuellement."

  • Ainsi commence la Règle latine primitive (1128) composée de 72 articles annexés au procès-verbal du concile de Troyes.
    Règle du Temple
  • Plus tard, elle sera complétée par :

- Les Retrais (1165) : précisent les usages et stipulent les fonctions administratives et hiérarchiques.

"Le Commandeur de Jérusalem doit avoir dix frères Chevaliers à ses ordres, pour conduire et garder les pèlerins qui vont au fleuve du Jourdain ; et il doit porter une tente ronde et un gonfanon baussant ou une enseigne, tant que sa baillie dure. Ainsi, quand il hébergerait s’il trouvait quelque prud’homme souffrant, il pourrait le loger en sa tente, et lui servir des aumônes de la Maison. Et pour cela il doit porter une tente ronde, et mener des bêtes de somme et emporter des vivres, et ramener les pèlerins sur les bêtes de somme s’il en est besoin."


- Les Status (1230-1240) : fixent les cérémonies primordiales.

"Quand les frères partent de matines, chacun se doit aller regarder ses bêtes et son harnais...et s’il y a aucune chose à amender (redresser) il le doit amender ou faire amender. Et s’il a métier pour parler à son écuyer, il lui doit parler bellement, et après s’en peut aller coucher arrière. Mais il doit dire une patenôtre quand il sera couché ; pour ce que, s’il a failli en quelque chose, ou de briser le silence, ou en aucune autre chose, Notre Sire lui pardonne."

Règle du Temple - Manuscrit de Dijon
- Les Egards (1257-1267) : font office de code pénal.

"Le frère qui cuide avoir failli, doit se lever, et ôter son chapeau et sa coiffe... et doit venir devant celui qui tient le chapitre, et doit s’agenouiller une fois ou deux ou plus, et doit être humblement comme celui qui se confesse, et doit dire en telle manière "Beau Sire, je crie merci à Dieu et à Notre-Dame et à vous et aux frères de ce que j’ai failli en telle manière" ; et raconter la faute entièrement et vraiment, ainsi comme il aura été, qu’il ne doit mentir, ni par honte de la chair, ni par peur de la justice de la Maison, car s’il mentait ce ne serait pas confession."

La hiérarchie

Chevalier du Temple en costume de guerre

  • Le Maître (ou Grand Maître) : porte la Bulle et la Bourse. Il tient dans sa main l’Abacus, le bâton de commandement.

    "Tous les Frères du Temple doivent obéissance au Maître ; et le Maître se doit d’obéir à son couvent."

  • Le Sénéchal : devient le chef suprême en l’absence du Maître. Il ne doit être "jeté fors", ni exclu d’aucun chapitre.
  • Le Maréchal : est responsable de la discipline, des armes, des armures et des chevaux. Il commande le couvent en temps de guerre.
  • Le Commandeur de la terre et du royaume de Jérusalem : détient le commandement de la flotte et a sous ses ordres le port d’Acre.
  • Le Commandeur de la cité de Jérusalem : avec ses chevaliers, est chargé de veiller à la protection des pèlerins de Terre Sainte et de garder les reliques de la Vraie Croix.
    Templier en habit de maison
  • Le Commandeur de la terre de Tripoli et d’Antioche : bénéficie des mêmes prérogatives que le Maître mais uniquement à l’intérieur de sa province.
  • Le Drapier : a l’importante fonction d’économe. Il est responsable de l’habillement et de la literie.
  • Le Commandeur de la Maison : dirige la commanderie. Ses droits personnels sont peu étendus.
  • Les Frères chapelains : eux seuls célèbrent les offices religieux et confessent les Frères. Ils relèvent directement du Saint-Siège. Vêtus de noir, ils doivent "porter robe close" et être rasés.
  • Le Commandeur des chevaliers : est le lieutenant du Maréchal.
  • Les Frères chevaliers : portent le manteau blanc avec la croix rouge.
  • Les Frères sergents ou écuyers du couvent : portent la robe noire ou brune avec la croix rouge.
    Chevalier du Temple (1250)
    - Turcopolier : en temps de guerre, est à la tête de tous les sergents et des troupes légères auxiliaires.
    - Sous-Maréchal : est l’intendant du maréchal, chargé de l’entretien des armes et armures.
    - Gonfanonier : veille sur la discipline et la subsistance des écuyers.
    - Cuisinier.
    - Maréchal-ferrant.
  • Le Frère infirmier (ou Aumônier) : veille sur tous les frères malades et les frères en pénitence qu’il faut séparer du reste du couvent.

La vie conventuelle

  • La journée du Templier commence à 2 h du matin :

"Quand la campane (cloche) de matines sonne, chaque frère doit se lever tantôt, et se chausser, et agrafer son manteau, et aller au mostier (chapelle) et ouïr le service..."

Les Templiers

Les repas

  • Chaque frère a son écuelle et mange dans le plus grand silence tandis qu’un clerc lit à haute voix les Saintes Écritures. On s’exprime par geste.

"Quand le Maître vient de chevaucher, il peut bien manger dans sa chambre ; ou quand il a été saigné, ou quand il a invité chevaliers ou autres gens du siècle. Et quand il est malade, il peut aussi gésir en sa chambre, et ses compagnons doivent manger au palais avec les autres frères ; et quand il est guéri, il doit manger à l’une des tables de l’infirmerie, et tous les frères dans l’infirmerie doivent manger mieux pour amour de lui...
...Quand le Maître mange à la table du couvent, il peut présenter les mets de son écuelle à qui le voudra, et ceci nul frère ne peut faire fors le Maître."

Templiers ornant le tombeau de Dona Leonor Ruiz de Castro

La literie, les armes et bagages

  • La tenue du Templier se doit d’être impeccable.

    "Quand les robes sont envoyées d’outremer, le drapier doit être au déploiement des trousseaux et il doit prendre tous les présents qui sont envoyés aux frères du couvent, et les rendre à ceux auxquels ils sont adressés. Et il doit prendre garde que tous les frères aient leurs cheveux roignés honnêtement ; et si aucun frère n’était pas coiffé comme il faudrait, le drapier pourrait lui commander de se faire couper les cheveux, et le frère aurait à lui obéir. Car après le Maître et le maréchal, c’est au drapier qu’ils sont le plus tenus d’obéir."

Les offices religieux

"Quand il est près de none, ou de vêpres ou de quelque heure que ce soit, chaque frère se doit tenir en telle place qu’il puisse entendre la campane ; ou qu’on le trouve en cas d’alarme de guerre pour écouter ses ordres.
Après, quand la campane de none sonnera, chacun doit aller au mostier écouter none...nul ne doit demeurer sans congé ; sauf le frère de la grosse forge, s’il a le fer bouillant sur le feu...et le frère de la ferrerie s’il pare le pied d’un cheval...
... Mais tantôt, comme ils auront fait cette besogne, ils doivent aller au mostier ou là où l’on chante les prières et ils doivent écouter ou dire, ce qu’ils n’ont pas écouté."

Chapitre de Paris (1147) par Granet

Les chapitres

  • Le chapitre ordinaire est hebdomadaire. Il se réunit partout où il y aurait quatre frères ou plus ensemble pour juger des fautes et décider de la gestion des biens de la commanderie.
  • Le chapitre général, composé de tout le couvent, se réunit pour discuter de l’administration de l’Ordre. Y sont aussi délibérés les cas judiciaires renvoyés par les chapitres ordinaires.

PAS DE FEMME ET PAS DE CONTACTS AVEC LES FEMMES !

  • La Règle est formelle :

    "Périlleuse chose est compagnie de femme.
    Nous croyons être périlleuse chose à tout religieux trop esgarder face de femme, et pour ce nul de vous n’ose baiser femme, ni veuve, ni pucelle, ni mère, ni soeur, ni tante, ni nulle autre femme, et la chevalerie de Jésus-Christ doit fuir en toute manière baiser de femme..."

La justice

Devant le chapitre hebdomadaire, le frère coupable d’indiscipline avoue sa faute en public :

"Beau Sire, je crie merci à Dieu et à Nostre Dame et aux frères de ce que j’ai failli en telle manière..."
et raconter la faute entièrement et vraiment, ainsi comme il aura été, qu’il ne doit mentir, ni par honte de la chair, ni par peur de la justice de la Maison, car s’il mentait, ce ne serait pas confession."

Templiers jouant aux échecs

Les jeux

  • Les Templiers peuvent organiser des concours de tir à l’arc ou à l’arbalète mais ils ne doivent parier que des bricoles qui n’ont coûté d’argent à personne (piquets de tente, lanterne découverte).

    "Et chaque frère du Temple peut jouer avec un autre frère, avec son arbalète, dix coupons de chandelle sans congé, mais nient plus ; et tant peut-il perdre en un jour ; et peut mettre en gage la fausse corde de son arbalète pour les coupons ; mais il ne doit mie laisser la corde la nuit sans congé."

    Réception d'un Templier

La réception

"Beau frère, vous requerez moult grande chose, car de notre religion vous ne voyez que l’écorce qui est par dehors. Car l’écorce ainsi est que vous nous voyez avoir beaux chevaux, et beaux harnais, et bien boire et bien manger, et belles robes, et ainsi vous semble que vous fussiez moult aisé. Mais vous ne savez pas les forts commandements qui sont par dedans : ces fortes choses ainsi est que vous qui êtes sire de vous-même, vous vous faites serf d’autrui. Car à grand peine jamais chose que vous veuillez...
"Et si vous voulez dormir, on vous fera veiller ; et si vous voulez aucunes fois veiller, l’on vous commandera que vous alliez reposer en votre lit.
"Regardez bien, beau doux frère, si vous pourrez bien souffrir toutes ces duretés."

Le Temple militaire

En Ibérie

  • La Reine Thérésa du Portugal offre dès le mois de mai 1128, sa forteresse de Soure sur le fleuve Mondego.
  • Puis, les Templiers édifièrent successivement les citadelles d’Ega, Rodin et Coïmbra.
  • Le 1er mars 1160, Gualdim Païs entreprend la construction de la forteresse de Tomar.
  • En 1230, Béranger III, comte-marquis de Barcelone, prononce ses voeux au Temple.
    Gualdim Païs : maître du Temple

En Terre Sainte

  • L’activité militaire de l’Ordre s’affirme dans ses constructions en Orient dès la première moitié du XIIIe siècle.
  • Les Templiers possèdent notamment :
    - au Liban :
  • SAFET : acquis par l’Ordre en 1169,
  • LE CHATELET ou RUE DE JACOB : construit et perdu en une seule année 1178-79,
  • CHATEAU-PELERIN : construit en 1218,
  • ACRE.
    - en Syrie :
  • SAFITA ou LE CHATEAU BLANC,
  • CHATEAU ROUGE,
  • TORTOSE dont ils reçurent la garde vers 1165.
    - en Arménie :
  • ROCHE-GUILLAUME,
  • ROCHE-RUSSOLE,
  • DARBESACK,
  • PORT DE BONELLE.
    - sur l’Oronte :
  • BAGRAS,
  • GASTEIN.
    Trésorier du Temple

Le commerce du Temple

Les finances

  • L’activité économique du Temple est très importante.
  • Caution, prêts, remboursements, toutes les opérations financières créées par les Templiers sont consignées sur les rôles et registres dans les diverses maisons.

    "De là, le trésorier du Temple prend les recettes détaillées des baillis, les totaux de leurs dépenses par chapitre, le montant de la balance qu’il doit avoir encaissé, les totaux des prévôtés. En y ajoutant les résultats nets de tous les autres comptes, y compris l’Hôtel, ses propres opérations, les recouvrements d’arriérés, ceux qui restent à percevoir, il constitue le Compte Général de l’exercice."

Le commerce

  • Le commerce avec le Levant est permanent.
  • Les navires du Temple partent d’Espagne et font escale à Marseille où ils embarquent passagers et marchandises à destination de la Syrie.
  • Chargés des transferts d’argent, les Templiers transportent aussi la somme des redevances perçues en faveur de la Palestine.

Le procès

Templiers sur le bûcher (Paris)
La machination

  • L’Orient n’est plus.
  • L’Ordre continue son développement en France.
  • Ils sont maintenant 15 000 Templiers, organisés, respectueux d’une Règle rigoureuse, représentants une puissance beaucoup plus importante et plus riche que celle du roi.
  • Des accusations colportées par le templier renégat Esquieu de Floyrac furent le détonateur de la fin. Ce personnage révéla certains secrets qu’il prétendait avoir surpris chez les Templiers : reniement de Dieu lors de leur réception et adoration d’une idole au cours de leurs chapitres.
  • Une telle aubaine ne pouvait pas tomber plus à propos pour le roi de France.

Les protagonistes

Guillaume de Nogaret

  • Guillaume de Nogaret : serviteur sincère du pouvoir royal, il devait se réhabiliter auprès de Philippe le Bel, après l’attentat d’Agnani contre le pape. Éminent conseiller du roi, Guillaume était plus porté que le roi lui-même à abattre tout ce qui paraissait menacer l’autorité de l’État. Il fut nommé chancelier du royaume le 22 septembre 1307, la veille de l’arrestation.

Philippe le Bel

  • Philippe le Bel : sa raison d’être et sa fonction principale sont de servir le pouvoir par le prestige du droit romain. Il est "le premier légiste de France" et agit en impassible homme d’État. Habile à manier le secret, il s’octroie une mission de vicaire temporel envers les Templiers qui à ses yeux ne sont que renégats.

Clément V

  • Clément V : Cadet d’une fière lignée de Gascogne, Bertrand de Got porte la tiare sous le nom de CLEMENT V mais à quel prix ?
    Ses promesses au Roi de France, son avidité et son ambition le rendent dangereux ; le Temple va en subir les conséquences.

Jacques de Molay

  • Jacques de Molay : Né vers 1244, il est reçu dans l’ordre du Temple en 1265, en la chapelle de Beaune, par le chevalier Humbert de Perraud et devant frère Amaury de la Roche. D’une intelligence moyenne, il n’a jamais su unir ses fonctions de Grand Maître, de militaire et de religieux.

"[Jacques de Molay] se porta mult escharchement vers le pape et les cardinaux, car il était mult eschars (chiche) hors de raison"
Biographe de Guillaume de Beaujeu

Enguerrand de Marigny

  • Enguerrand de Marigny : D’origine normande, ce grand Chambellan de Philippe le Bel connut tous les honneurs auprès de son maître. C’est lui qui fut chargé de la construction du Palais de la Cité. En 1315, à l’avènement de Louis le Hutin, il fut condamné et pendu à Montfaucon.

L’arrestation

1307

  • 14 septembre : à Pontoise, Nogaret rédige, au nom du roi, et fait expédier des lettres secrètes, adressées à des agents choisis dans tout le royaume (sénéchaux, baillis, prévôts, ...). Les ordres sont formels, défense de les ouvrir avant le jour et l’heure indiqués.
  • 13 octobre : ce vendredi 13, au petit matin, tous les templiers de France sont arrêtés à la même heure. Très rares sont ceux qui parvinrent à passer entre les mailles du coup de filet gigantesque.
  • 21 octobre : Interrogatoire de Geoffroy de Charnay.
  • 24 octobre : Interrogatoire de Jacques de Molay.
  • 9 novembre : Interrogatoire de Hugues de Pairaud.
  • 15 novembre : Interrogatoire de Geoffroy de Gonneville.

Les accusations
Templier soumis à la torture

  • Les principaux griefs étaient :
    - reniement du Christ,
    - dérision et avilissement de la Croix,
    - culte du démon et sorcellerie,
    - vénération d’une idole (le baphomet),
    - mépris et infraction de deux sacrements,
    - hérésie des Templiers quant à la confession,
    - vice contre nature.
    Emprisonnement des Templiers

Emprisonnement des Templiers

1312

  • 3 avril : le concile de Vienne se termine par le lecture de la bulle Vox Clamantis lue par Clément V qui prononce la dissolution de l’ordre du Temple : "non pas en vertu d’une sentence judiciaire, mais par manière de décision en ordonnance apostolique...".
  • 2 mai : Clément V par la bulle Ad Providam Christi Vicarii attribue les biens du Temple aux chevaliers de l’Hôpital.
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1314

  • 18 mars : sur le parvis de Notre-Dame, une commission apostolique condamne publiquement les quatre grands dignitaires de l’Ordre présents à l’emmurement perpétuel.
  • Tout d’un coup, comprenant qu’il n’avait plus rien à attendre des hommes, ni même du pape en lequel il avait si mal et si longtemps placé sa confiance, le vieux Maître se redresse, sort de ses humiliations et de sa faiblesse indigne, sort de cette nuit de sept années où ses forces morales et physiques s’étaient lentement dissoutes.
  • Il s’écrie :

"Il est bien juste que, dans un si terrible jour et dans les derniers moments de ma vie, je découvre toute l’iniquité du mensonge et que je fasse triompher la vérité. Je déclare donc, à la face du ciel et de la terre, et j’avoue, quoique à ma honte éternelle, que j’ai commis le plus grand des crimes, mais ce n’a été qu’en convenant de ceux qu’on impute avec tant de noirceur à notre Ordre : j’atteste, et la vérité m’oblige d’attester, qu’il est innocent. Je n’ai même fait la déclaration contraire, que pour suspendre les douleurs excessives de la torture, et pour fléchir ceux qui me les faisaient souffrir. Je sais les supplices qu’on a infligés à tous les chevaliers qui ont eu le courage de révoquer une pareille confession ; mais l’affreux spectacle qu’on me présente, n’est pas capable de me faire confirmer un premier mensonge par un second : à une condition si infâme je renonce de bon coeur à la vie."

Le Dognon : cavalier chargeant

  • Le jour-même, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay clamant leur innocence montèrent sur le bûcher dressé en toute hâte sur l’Ile aux Juifs.

    "Les corps sont au roi de France, mais les Ames sont à Dieu"

    Le Dognon : les Croisés vont au combat

  • Le peuple de Paris avait compris et, maudissant le roi, se précipita vers les cendres brûlantes afin de recueillir quelques os calcinés, reliques insignes car nul ne doutait plus de la sainteté, ni de l’honneur du Temple.

La légende

  • Une tradition affirme qu’en proie aux flammes, Jacques de Molay se serait écrié :
    "Pape Clément, roi Philippe, avant que l’année ne soit écoulée,
    je vous assigne au tribunal de Dieu !"
  • 20 avril 1314 : mort du pape Clément V.
  • 29 novembre 1314 : mort de Philippe le Bel
Le Dognon : chapelle du Temple
  • Il devait en être ainsi... car chaque jour dans ses prières, le Templier se disait :

    "NOTRE DAME A ETE LE COMMENCEMENT DE NOTRE RELIGION, ET EN ELLE, ET EN SON HONNEUR SERA, S’IL PLAIT A DIEU, LA FIN DE NOS VIES ET LA FIN DE NOTRE RELIGION : QUAND IL PLAIRA A DIEU QUE CE SOIT..."

Le Dognon : plan napoléonien (1837)

Sources de référence

  • DEMURGER (Alain) : Les Templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Age. Seuil (2005).
  • OLLIVIER (Albert) : Les Templiers. Éditions du Seuil, collection "le temps qui court" (1958).
  • MELVILLE (Marion) : La vie des Templiers. Gallimard (1978).
  • PERNOUD (Régine) : Les Templiers, chevaliers du Christ. ’’Découvertes’’ Gallimard.
  • L’INSOLITE N°15C : Catalogue de l’exposition "A la Rencontre des Templiers". (2006).
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